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LOFNAC : UNE INSTITUTION CONTRE LE GRÉ DE MACKY SALL ! HISTORIQUE DE SA CRÉATION ET MISSIONS ASSIGNÉES

Posté par: ALDIOUMA SOW| Mercredi 17 août, 2016 16:08  | Consulté 572 fois  |  0 Réactions  |   

Pour connaître les raisons qui ont poussé notre gouvernement à mettre en place l'OFNAC, il faut partir du contexte post-ajustements structurels et interroger l'évolution qu'ont connu les paradigmes qui fondent l'action des institutions financières internationales après le constat de l'échec des programmes précités au début des années 90. Pour rappel, les programmes d'ajustement structurels ou PAS sont d'essence néolibérale inspirés de la pensée de Friedman qui prône moins d’État pour mieux d’État. Ces programmes destinés à servir de carcan idéologique au financement du développement des pays pauvres en sevrage idéologique du à la chute du mur de Berlin marquant "la défaite du communisme face au capitalisme", exigeaient de la part des États bénéficiaires leur dégagement dans les secteurs socio-économiques de base tels que l’éducation, la santé, les transports publics au profit du secteur privé national et étranger dont l'action sera appuyée par la Banque Mondial et protégée juridiquement par le CIRDI qui en est l'instance juridictionnelle. Ceci devait se faire en lieu et place du Keynésianisme du nom De John Meynard Keynes théoricien de l'Interventionnisme étatique dont la pensée était pourtant prédominante après la second guerre mondiale et avait servi de base théorique et méthodologique au plan Marshall pour la reconstruction de l'Europe( nous reviendrons dans un article consacré aux mutations en cour en Europe). Celle-ci, la pensée de Keynes avait explosé les dépenses publiques et conduit à l'endettement des pouvoirs publiques sans progrès économique et social véritable disaient- ils. 
Ainsi après avoir expérimentés puis pratiqué pendant plus de deux décennies ces P.A.S, les experts des institutions de Brettons Woods( BM et FMI ) se sont accordés sur l’incapacité de ceux-ci à atteindre l’objectif de départ à savoir l’amélioration du cadre macro économique des pays destinataires de l'aide internationale à savoir les pays pauvres comme le notre. Alors, en 1990 se développèrent pas mal de paradigmes d'économie politique dont le plus important fut le concept de bonne gouvernance publique, un principe strictement politique auquel on va donner une fonction économique. A coté des indicateurs composites développés par le PNUD à savoir l'IDH, la Banque Mondiale ( BM) aidée en cela par son jumeau le FMI va mettre en place son propre indicateur composite à savoir la bonne gouvernance pour contrecarrer le renouveau de l'ONU sur les questions sociales et économiques(comme c'est le cas en ce moment sur les questions climatiques entre le FIC et le FEM). A ce propos, les experts de la BM tout en restant attachés aux idées néolibérales de Friedman théorisèrent le concept ou principe de bonne gouvernance comme devant pallier les échecs des P.A.S. Ainsi apparaît une nouvelle conditionnalité de l'aide publique au développement .Celle-ci, la bonne gouvernance publique plus transversale et englobante ( car intégrant la question du développement durable ) mettait l'accent sur la qualité de l'environnement politique et sociologique comme facteur essentiel à la réussite économique des pays les moins avancés. A cet effet, elle insiste alors sur la participation politique notamment de tous les citoyens, sur le pluralisme médiatique, sur la transparence dans la gestion des biens publics avec comme corollaire la responsabilité, l'imputabilité qui supposent une rédition des comptes par les gouvernants ; Et pour ce faire, il fallait aider « les pays assistés » à mettre en place un cadre normatif et institutionnel qui permettait d'aboutir à cela. C'est dans cet ordre d'idée qu'il faut comprendre les différents organes de régulation et de contrôle qui ont été mis en place après l'arrivée de Abdoulaye Wade au pouvoir en 2000 alors que le processus a été enclenché sous Diouf après la conférence de Baule( En France ) à savoir notamment l'instauration du pluralisme médiatique et la réforme du code électoral. Par ailleurs ces bouleversements paradigmatiques au plan international permettent surtout de saisir les évolutions normatives dans les organisations d'intégrations sous-régionales tels que l'UEMOA en ce concerne les règles relatives aux finances publiques et pour la CEDEAO pour ce qui porte sur la transparence dans la vie publique.( Nous y reviendrons dans un article consacré à l'intégration sous-régionale en Afrique de l'Ouest ; évolution et perspectives).
CEPENDANT, en 2001 un élément fondamental ou événement catastrophique va venir changer la donne : Ce sont les attentats du Worl Trade Center aux États unis. Ceux-ci vont non seulement révéler à l'oncle Sam sa vulnérabilité au plan policier mais surtout, lui faire prendre conscience de sa vulnérabilité sécuritaire au niveau bancaire en ce qui concerne les normes juridiques qui encadrent la finance mondiale aux regards des moyens utilisés par ceux qui l'ont attaqué. Ainsi , les américains vont se rendre compte que le seul Patriote Act au plan national ne va pas suffire et qu'il leurs fallait engager la planète entière dans une réforme normative et institutionnelle pour combattre les sources de financement du terrorisme à savoir le blanchissement des capitaux issus du crime organisé, de l'évasion fiscale et de la corruption. Dans la foulée, la Convention de Mérida( du nom de la ville Mexicaine qui a accueilli les délégations signataires) contre la corruption sera adoptée sur la base la résolution de l'Assemblée générale des Nations unies 58/4 du 31 Decembre 2003 . Celle ci prévoyait dans chaque État parti la mise en place d'institutions pour lutter contre ce fléau. C'est ainsi qu'en 2003 notamment en Octobre de la même année le Sénégal fut l'un des premier pays au Monde sous Wade à ratifier cette convention et dans les mois suivant à mettre en place une instance de lutte contre la corruption à savoir la défunte Commission nationale de lutte contre la concussion, la corruption et la non transparence. A l'arrivée, et suite aux nombreux scandales financiers qui ont caractérisé la fin de règne du président Abdoulaye Wade et suite également aux remontrances d'une partie de la société dont le Forum Civil a constitué le fer de lance, les observateurs de la vie publique ainsi que les bailleurs de fonds notamment les États unis et l'Union Européenne se sont résolus à la nécessité de renforcer le dispositif existant par la valorisation des rapports d’enquêtes produits par l'ex Commission nationale en obligeant par exemple le procureur de mener des poursuites contres les personnes incriminées dans lesdits rapports, la publication de ces rapports mais aussi de conférer une certaine autonomie financière à l'administration de l'organe en vue d'affaiblir sa dépendance vis à vis de l'exécutif. 
Ainsi, Macky Sall signataire des assises nationales dans les conclusions desquelles figurait une recommandation allant dans ce sens ne pouvait pas ignorer cette demande citoyenne et c'est alors qu'il s'est engagé à mettre en place un organe de lutte contre la corruption et les infractions connexes aux pouvoirs beaucoup plus élargis que le le défunt organe.
AU FINAL et vu l'évolution que prend la politique du gouvernement actuel en la matière, nous découvrons que cet engagement de lutter contre la corruption fut qu'un leurre dont le limogeage de Nafy Ngom Keyta est une lueur qui annonce le jour qui révélera au Sénégalais la véritable philosophie prédatrice de Macky Sall et son comportement de chef de Gang. Et comme sa promesse de réduction de son mandat, celle de lutter contre la corruption et la mal gouvernance en général est en phase de tomber dans le gouffre amoral du waxett waxett qui lui a servi d'alibi pour prolonger la durée son règne.
Autrement dit, en conclusion, nous disons que ceux qui pensent ou disent que l'OFNAC relève d'une volonté politique de Macky Sall de combattre la corruption ont tout faux car les développement ci-dessus prouvent en vérité que cela s'est imposé à lui et en fin de compte, cela n'a jamais était sa préoccupation initiale. Celle-ci étant d'encourager et de protéger le voleurs de et les délinquants financiers comme en témoigne la promotion des faussaires et criminels économiques incriminés dans le dernier rapport de l'OFNAC produit par la vaillant dame Nafy Ngom Keita.

ALDIOUMA SOW, pour le triomphe de la vérité , pour le triomphe du peuple

 L'auteur  ALDIOUMA SOW
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ALDIOUMA SOW
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